NaNoWriMo collaboratif

NaNoWriMo collaboratif

Préface

Que dirais-tu de rédiger un roman de 50 000 mots - en référence au concours NaNoWriMo - de manière collaborative, au fil de l’eau ? Sans aucun plan de départ ? Une écriture spontanée, libre, et avec un résultat final surprenant ?

Cette participation est collaborative. Chacun pourra écrire la suite de l’histoire. Ainsi, le roman ne sera pas l’œuvre d’une seule personne, mais de plusieurs, et sera donc issu de l’écriture collaborative. C’est du crowdwriting !

Je veux participer !


1,334 mots écrits sur 50,000 soit 2.67 pourcent.

Contributeurs

Qwerty, Dwayn, lethom, bricabrac, Phigger




Je suis en plein concert de musique classique. Tandis que résonnait les coups de canons de 1812 de Tchaikovsky, j’entendis des cris et des coups de feu. Une fusillade.



Les gens commencèrent à courir de tous les côtés, affolés. Certains cherchaient à sortir, par les portes de secours ; d'autres tentaient de se cacher sous les sièges.
éétait-ce une n-ième fusillade, une n-ième prise d'otage, en cette période de troubles ? Pour le moment, je n'en savais rien.



Jusqu’au bout, j’avais refusé de prêter attention à la « Terreur » que l’on nous servait jour après jour, à toutes les sauces, dès que l’occasion se présentait. Avais-je choisi de m’aveugler volontairement ? Si tel était le cas, alors ouvrir les yeux était particulièrement douloureux.



Il est bien plus facile et naturel, lorsque l'on est abreuvé par tant de faits divers, de se dire : « Bah, ça n'arrive qu'aux autres ! » Ce qui est vrai... jusqu'à ce que ça ne le soit plus. Et ce soir, ça ne l'est plus. Du moins, j'imagine : je ne parviens pas à comprendre la situation.



Du sang pourpre et chaud se superpose à la teinte vermeille des fauteuils. Pas beaucoup, mais juste assez pour que la terreur, celle que je niais depuis si longtemps, m'enserre la gorge. Mes oreilles bourdonnent, mon regard se brouille, mais il ne faut pas que j'oublie l'important : me protéger et protéger la personne qui m'accompagnait.
Je regardai à l'endroit où cette dernière se tenait durant le concert : elle n'y était plus. Où diable était-elle passée ?!



Sous le brouhaha et la cohue, J’entendis les sirènes des pompiers et de la police. Enfin, ce cauchemar allait enfin cesser. Enfin, je le cru jusqu’à que l’unité d’élite débarque.



Du moins, jusqu'à ce que je cru qu'elle débarqua, car j'appris plus tard qu'en réalité elle était déjà sur place depuis quelques temps.



C'était elle. Depuis le début. Elle qui avait commencé ce massacre, cette débauche d'horreur. Et maintenant, elle s'employait également à l'arrêter. Je ne comprenai que bien plus tard le déroulement des évènements de cette nuit.

Mais à ce moment précis, une autre question tournoyait dans mon esprit. Hurlant des avertissements que ma conscience étouffait automatiquement. Sifflant une peur qui commençait à geler mes entrailles.

Où était-elle ?



Nous nous étions tous jetés à terre ; les plus rapides avaient sans doute regretté leur célérité, car ils s’étaient retrouvé au plus proche du sol, écrasés par le poids de leurs voisins en plus d’être broyés par la peur. Ma voisine ayant pour sa part disparue, je jouissais d’assez d’espace pour me redresser. Il me fallut rassembler tout mon courage — ma folie ? — pour jeter un œil par dessus le dossier du siège devant moi. J’aperçus trois silhouettes… et autant d’armes à feu.



Au centre : elle. Pas en tant qu'otage ou simple soldat : en tant que chef. Un de ses compagnons avait une ceinture d'explosif à la taille.

Mon premier mouvement fut d'aller la voir, de lui demander "pourquoi ?", mais au vu du sang qui avait jailli, au vu des membres de l'unité d'élite jonchant le sol, il était clair que je ne la connaissais pas vraiment. Tout ce que j'avais pensé d'elle, tout ce que je savais d'elle – son côté simple et un peu fragile : tout cela n'avait été que duperie. Je n'étais peut-être pas tant un ami pour elle qu'une sorte de couverture, d'excuse, d'alibi. Peut-être, après tout, m'avait-elle manipulée pour se retrouver ici en commettre son méfait ?


La situation semblait se poser. Après l'intervention avorté de l'unité d'élite, plus personne n'osait faire un bruit, ni bouger un doigt. Toutes les portes étaient closes. Après l'urgence vient le calme. Et l'angoisse.



La situation est inhabituelle. En effet, on a deux groupes de personnes qui veulent notre mort. Les terroristes, armé d'explosifs. Et la police, notre police, qui nous tirait dessus. La terre entière semblait vouloir notre mort. Pourquoi ? À peine remit de mes émotions j'entendis une raffale de balles venant de la scène et tirant sur la police. Je reconnu le visage, que j'avais vu la veille dans les journaux : Mateo Renezi, mafieux de la ville. Je sens que ça va être un super huis clos !



Les deux acolytes de mon 'amie' – faut-il encore l'appeler comme cela ? – sont dépêchés pour sécuriser l'entrée pendant qu'elle rejoint Renezi, qui descendait lestement de la scène. Elle commença – non pas sur le ton d'une subordonnée, mais sur celui d'un égal : "La situation est maîtrisée : encore une porte à sécuriser, mais ça devrait être réglé d'un instant à l'autre."
Une explosion sourde, venant de l'extérieur, ponctua sa phrase. Moi qui me demandait si la ceinture d'explosifs était réelle ou non, me voilà fixé...
Renezi de répondre : "Parfait, il ne reste plus qu'à *le* trouver. Tu n'as pas eu de mal à rentrer ?
— Non, un Privilégié m'a servi de passeport", dit-elle en souriant cyniquement.

Privilégié, c'était le mot. Je ne m'en étais pas rendu compte mais, privilégié, je l'étais... Le contexte était on ne peut plus tendu, dans notre cité.
Il y a quelques décennies, la démocratie italienne s'était fanée et, avec elle, son unité. Plus personne n'avait confiance en personne, les présidents élus vers la fin de la démocratie étaient sans cesse contestés puis renversés. Chaque élection en appelait une nouvelle, censée tout régler. Et ça n'arrivait jamais. Personne n'avait plus confiance en personne. Méfiants envers les entités nationales, le pays se disloqua en régions. Méfiants envers les présidents régionaux, toutes les communes d'Italie formèrent des Cités-Etats, comme partout en Europe. Le maire était le seul en qui nous pouvions avoir confiance.
Sauf que... non. Avec la régression à l'état de Cité indépendante, les conflits locaux se sont rehaussés, les luttes de pouvoir n'ont jamais été aussi intenses. L'une des familles les plus importantes de la ville avait pris le pouvoir démocratiquement – c'est-à-dire en menaçant un grand nombre d'électeurs – et avait renforcé la dureté du pouvoir, le renfermement de la cité...
Les classes aisées, piliers de l'économie – dont je faisais partie, ont été Privilégiés, tandis que les autres étaient déconsidérés. "A celui qui a, on donnera ; à celui qui n'a rien, on enlèvera même ce qu'il a."

La Cité-Etat, avec le temps, était devenu de plus en plus puissante technologiquement, puissante non pas pour vaincre les autres Cités-Etats – qui nous étaient complètement indifférentes – mais davantage pour contraindre ses propres citoyens. Une Cité-Etat autiste, hypertechnologique, hyperhiérachisée.



La Terreur annoncée ces derniers était double : à la fois réelle et exagérée. Les familles qui n'avaient pu prendre le pouvoir protestaient de la manière la plus violente qui soit, par des attentats, des prises d'otages finissant irrémédiablement par un massacre où le sang des civils se mêlait à celui des "terroristes", comme on les appelait.
Et la Cité-Etat ne faisait rien pour cacher cela, au contraire : elle mettait en lumière toute rumeur d'attentat, fût-elle infondée. Pour faire grandir la panique, pour faire grandir la peur, pour montrer que les autres familles n'étaient pas meilleurs et que, après tout, ce n'était que le mair bien-aimé qui prenait soin des citoyens.

Mais ce qui se passait aujourd'hui était une première. Les Privilégiés avaient été pris pour cibles. Normalement, il s'agissait du petit peuple, insignifiant économiquement, si facilement remplaçable ; les Privilégiés, eux, avaient le droit à des contrôles de sécurité à chaque bâtiment, afin de ne jamais être atteints.
Raté.